Peur en avion ? Tremblez chez le médecin !

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Avion dans le ciel

Novacorpus – 10 ans de tourisme médical

A l’occasion de ses 10 ans, Novacorpus lance une série d’articles sur le tourisme médical et l’expérience accumulée au fil du temps. Aujourd’hui, une comparaison entre les contrôles auxquels sont soumis les pilotes et les médecins. 2 poids. 2 mesures ?

Le pilote moderne: sous la loupe, en permanence

Les pilotes de lignes sont probablement les professionnels les plus contrôlés (voir source en bas de page). Chaque année, ils doivent se soumettre à des visites médicales et à divers contrôles: détection d’alcool, de drogues, examen des connaissances techniques, évaluation par un examinateur pendant un vol réel, tests en simulateur, examen sur les risques liés au facteur humain, sur la sécurité en général,  sur le pilotage en hiver et sur la manière de repérer les matières dangereuses. En cas d’échec, le pilote est suspendu.

C’est stressant pour le pilote mais tout le monde trouve cela normal. Personne n’a envie d’avoir un pilote ivre, ayant oublié ce qu’il faut faire en cas d’urgence et s’écrasant car il a oublié de faire le plein. Tout cela fait que l’avion est le moyen de transport le plus sûr car le plus contrôlé.

Pilotes d'avion de ligne

Et les médecins ?

Les médecins ont une responsabilité au moins aussi importante que les pilotes. On peut donc logiquement estimer qu’ils sont soumis aux mêmes types de contrôles… La prochaine fois que vous irez chez votre médecin, demandez-lui de vous raconter combien de fois il a été évalué depuis son examen final de médecine à l’âge de 25 ans…

Pourtant, rien de semblable au monde de l’aviation n’existe pour les médecins. Il n’y a aucune évaluation, effectuée chaque année, contrôlant aussi bien les connaissances pratiques que théoriques que l’état de santé. Pas de simulateur tous les 6 mois, pas d’examinateur vous observant… rien ou presque.

Si les sociétés médicales demandent bien à leurs membres de faire de la formation continue, c’est le contrôle qui pêche. Certaines demandent une confirmation sur l’honneur quand d’autres exigent la preuve de participation à des congrès médicaux par la remise d’une attestation de participation mais rien n’est prévu pour contrôler l’acquisition de connaissances et sa mise en pratique. Il est par ailleurs assez facile de se faire remettre l’attestation mais de ne pas assister aux conférences (cas observé personnellement à de nombreuses reprises).

Médecin répondant à un examen

Pourquoi est-ce différent pour les médecins ?

Comment expliquer cette différence. Comment expliquer qu’un médecin puisse même se retrouver dans la situation absurde où il ne pourrait plus conduire sa voiture (les contrôles sont, là, obligatoires et indépendants après un certain âge) mais pourrait toujours opérer un patient ? Pourquoi tolère-t-on encore cela ? 

La réponse est multiple. Tout d’abord, ces évaluations ont un coût que personne n’a envie de payer. Ensuite, la médecine n’est pas purement un métier technique, la valeur d’un médecin vient aussi de son humanité et de sa capacité à comprendre les problèmes de son patient, évaluer cela est plus complexe que de contrôler un pilote suivant sa checklist.
Techniquement, ensuite, simuler une intervention chirurgicale est bien plus difficile qu’une panne sur un avion. Des simulateurs existent mais sont encore peu performants et ne permettent pas de simuler efficacement tout ce qui peut se passer lors d’une opération.
Un préjugé positif lié au prestige de la profession fait que l’on a également tendance à penser que le médecin veut le bien de son patient et fait donc tout ce qui est en son pouvoir pour se maintenir à jour. Par ailleurs, les médecins tiennent beaucoup à leur indépendance et se plaignent souvent de subir des contrôles de la part d’instances externes (p.ex. des assurances).
Contrairement aux pilotes, ils ne considèrent pas comme normal le fait de devoir justifier leurs choix, connaissances et aptitudes. Ils bénéficient là d’une tolérance exceptionnelle et quasi-unique pour une profession ayant autant de responsabilités.

Indemnisation et valorisation des erreurs

Quand une erreur médicale survient et qu’une indemnité est versée au patient, les sommes sont, en général, ridicules (à l’exception de celles allouées aux États-Unis). Les compagnies aériennes souffrent de conséquences financières et médiatiques autrement plus importantes que les hôpitaux en cas d’erreurs et ont donc un intérêt beaucoup plus marqué à limiter leur nombre.

Les erreurs médicales sont aussi beaucoup plus difficiles à prouver (il n’y a pas de boîtes noires dans le corps humain). Par ailleurs, il n’existe pas encore de culture positive de l’erreur : l’erreur n’est pas encore vécue systématiquement comme une chance d’amélioration à large échelle. Bien qu’en amélioration (des comités de revues des erreurs commises existent dans certains services hospitaliers), leur impact n’est de loin pas aussi important que celui du monde aérien. Ainsi une erreur ayant causé un crash aérien sera largement analysée et ses conséquences donneront lieu à des améliorations dans les procédures de toutes les compagnies (et cela est rendu nécessaire par des lois) tandis qu’une erreur dans un hôpital donnera, peut-être, lieu à une amélioration locale de la procédure.

Pistes pour que cela change

Tout cela risque de changer dans les années à venir. Il ne sera probablement plus admis qu’un examen passé il y a 25 ans (suivi de vagues attestations par la suite) suffisent à prouver la compétence d’un médecin. En attendant que des lois rendent cela obligatoire, il faudrait déjà valoriser les médecins qui accepteraient de passer des évaluations régulières. Plutôt que de donner des droits de pratiques aux médecins basés sur leur pays d’origine, il faudrait le faire sur leurs résultats à ces évaluations, tout comme pour les pilotes. A l’heure de la transparence globale et des notations (parfois farfelues) des médecins par leurs patients, la mise en valeur des résultats de ces évaluations, passées, pour l’instant, de manière volontaire pourrait déjà être proposée et valorisée par le Conseil de l’Ordre (en permettant au médecin d’afficher le résultat dans le cabinet et sur le web, p.ex.).

Et Novacorpus ?

Nous mettons 1 à 2 ans pour recruter chaque médecin car nous savons qu’un diplôme de médecine ne suffit pas. Nous voulons en savoir plus sur leurs compétences (voir nos critères pour les soins dentaires, la chirurgie esthétique et les opérations au laser des yeux) et ne laissons rien passer.

Tous nos partenaires s’engagent à faire un travail de qualité et à offrir une garantie, à leurs frais, couvrant les éventuelles complications. Il sont informés dès le début que Novacorpus contrôlera la qualité de leur travail et la satisfaction de ses patients systématiquement après chaque traitement. Nos contrats peuvent être résiliés immédiatement si un problème de qualité venait à apparaître. Ce contrôle externe rajoute une couche de sécurité et est l’un des avantages de nos services.

Source: https://www.flightdeckfriend.com/yearly-training-requirements-for-airline-pilots/ (consulté le 28.09.2018)